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vendredi 24 juillet 2009

Le récit de la semaine : La Bar Mitsva de Nitsane

Le récit de la semaine : La Bar Mitsva de Nitsane PDF Imprimer E-mail
Magazine - Récits
Écrit par www.hassidout.org
Vendredi, 24 Juillet 2009 12:55



A première vue, Nitsane ressemblait aux dizaines de garçons qui arrivent dans notre Beth ‘Habad à l’approche de leur treizième anniversaire : les cheveux longs, l’aspect «négligé», le franc parler frôlant la ‘Houtzpa (l’insolence traditionnelle des jeunes)… Il venait du Kibboutz Hemdia, proche de mon village Gan Ner comme de nombreux autres jeunes garçons que la direction des Kibboutzim alentour nous envoyait pour les préparer à la Bar Mitsva.
Mais Nitsane désirait une Bar Mitsva spéciale.

Quelques mois avant la date prévue, son père me téléphona : «Je voudrais que vous prépariez mon fils, mais il ne veut pas de la partie strictement rituelle. Il veut une Bar Mitsva sans mise de Téfilines et sans montée à la Torah dans une synagogue».
Un peu abasourdi par cette «restriction de détail», je leur fixai néanmoins un rendez-vous, certain que la rencontre serait des plus intéressantes.
Effectivement, Nitsane arriva avec son père et mit tout de suite cartes sur table : il était d’accord d’apprendre la «Paracha», le texte de la Torah qu’on lit traditionnellement chaque Chabbat à la synagogue et ensuite de se rendre au restaurant, dans un environnement pastoral, au sommet du Mont Guilboa. Là… il lirait la Paracha. Du tac au tac je lui ai répondu : «Dans ces conditions, achète la cassette audio dans laquelle est enregistrée la Paracha et apprends-la tout seul ! Pourquoi crois-tu que tu as besoin de prendre des cours avec moi ? En ce qui me concerne, la Bar Mitsva représente une préparation spirituelle intense à l’entrée dans une vie religieuse responsable : on y apprend la valeur de l’étude de la Torah, l’importance de la mise quotidienne des Téfilines, le caractère sacré du Séfer Torah (le rouleau de la Torah) qui, depuis plus de 3320 ans, est resté le même et accompagne notre peuple dans ses pérégrinations forcées ou non. Mais si tu refuses les Téfilines et la montée à la Torah dans la synagogue… ta Bar Mitsva n’a pas de sens ! Le mot même de Bar Mitsva signifie que tu deviens astreint et responsable de ta pratique des Mitsvot et les Téfilines sont le premier de ces commandements pour tout Juif !»
Je continuai en lui indiquant qu’à mon avis, du fait qu’il ne connaissait visiblement pas grand-chose du judaïsme (puisqu’on ne lui avait enseigné à ce sujet que de très vagues notions), une vraie Bar Mitsva célébrée religieusement à la synagogue serait une expérience intéressante et valorisante à tous les points de vue. Nitsane réfléchit, posa encore quelques questions, objecta, écouta puis finalement accepta. Nous avons alors suivi le cursus traditionnel : Nitsane s’intéressa, respecta les horaires, posa des questions pertinentes, approfondit les détails.

La date de la Bar Mitsva tomba en milieu de semaine. Le jour précédent – où j’ai l’habitude d’organiser une sorte de répétition générale – le père de Nitsane se joignit à nous. Quand nous avons mimé la mise des Téfilines, j’ai remarqué son regard sérieux et attentif. Il observait chacun de nos gestes, remarquait chaque détail… En un éclair d’intuition, je lui proposai de mettre lui aussi les Téfilines, pour de vrai… Emu, il accepta, comme s’il avait attendu cet instant sans oser le demander. Pendant que j’enroulais les Téfilines sur son bras gauche et que je le couronnais avec les Téfilines de la tête, il n’arrêta pas de pleurer, sans même chercher à se retenir.
- Je suppose que c’est la première fois depuis longtemps que vous mettez les Téfilines aujourd’hui ? demandai-je prudemment.
- C’est exact, répondit-il entre deux hoquets. De fait, c’est la toute première fois de ma vie que je les mets. Encore plus : vous me croirez ou pas mais c’est même la première fois que je vois de mes yeux des Téfilines !
Jamais je n’aurais cru entendre une telle phrase ici, en Israël : se pourrait-il que l’ignorance des rites religieux de base soit si grande ? Peu importe, il avait mis les Téfilines et jouissait maintenant d’une protection accrue du Tout Puissant, d’une vision plus claire de la Providence Divine et, qui sait, ce premier pas en entraînerait certainement d’autres tout aussi positifs.
Le lendemain matin, Nitsane fut appelé à la Torah, comme le veut la tradition pluri millénaire du peuple juif. Son application et son sérieux forçaient le respect de tous les parents et amis venus l’accompagner au point qu’il régnait un silence inhabituel dans la synagogue.
A la fin de la prière, je me retournai pour voir s’il y avait quelqu’un qui réciterait le «Kaddich Yatom», la prière pour la sanctification du Nom de D.ieu que doivent prononcer les endeuillés.
C’est alors que le grand-père de Nitsane, un «Kibboutznik» d’un âge respectable, s’avança et annonça qu’il aurait bien voulu réciter le Kaddich mais il ignorait comment cela se faisait. Je lui ai montré la page dans le livre de prières, lui montrai les gestes qu’il fallait faire, les paroles qu’il fallait prononcer et quand il fallait attendre que les fidèles répondent Amen.
A la fin du Kaddich, c’est le grand-père qui se mit à pleurer comme un enfant !
Une fois qu’il se fut calmé, je lui demandai avec autant de tact que possible pourquoi il était tellement ému et il répondit, en laissant cette fois transparaître un léger accent d’Europe de l’est : «Je viens de me souvenir que, justement aujourd’hui, c’est l’anniversaire du décès de ma mère, que son âme repose en paix !»
Comme le dit le verset : «(Le prophète Elie) ramènera le cœur des pères grâce aux enfants !»

Rav Avraham Kiel – Gan Ner
Kfar Chabad n°1330
traduit par Feiga Lubecki

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